Ce qui nous a rassemblées il y a une décennie sur cette place Compans-Caffarelli, au cœur de notre ville rose, c’est ce que nous avons décelé en quelques secondes dans nos regards.
Cette hypersensibilité au monde qui nous entoure, qui fait notre force tout autant qu’elle nous coûte. Je crois que notre rapprochement, notre connivence, a réellement commencé avec la prise de conscience que nous partagions un grand nombre de blessures similaires. Nous nous sommes regardées profondément, nous avons échangé quelques mots et nous avons su. Immédiatement. Nos personnalités passionnées, déterminées, obsessionnelles, boulimiques. Le syndrome des bonnes élèves, écorchées par les cours d’école et les traumatismes qu’ils engendrent.
Ce sont aussi des passions communes qui ont fait qu’au fil des années, nous nous sommes sans cesse retrouvées : notre amour pour la course à pied, le yoga, le mouvement, le grand air.
Si semblables, parfois à nos dépens, nous nous entraînant l’une l’autre un peu plus profondément dans nos tourments et nos excès. On pourrait dire : pas une pour rattraper l’autre, et qui pour dire stop ? Des années de silence, de peine, des années noires qui ont mené à l’un de nos plus beaux printemps, notre renaissance. Une nouvelle version de nous. Une réconciliation sous le soleil austral.
Notre amitié aura tout vu : le plus beau comme le plus sombre. The good, the bad, the ugly. Notre amitié, c’est la vie, en somme.
Le niveau de vulnérabilité, le brut, le pur, le vrai, que nous n’avons cessé de nous témoigner réciproquement est sans pareil. Des revirements de carrière, de rêves, de jobs, d’amours, de pays… En dix ans, notre amitié en a vu un bon paquet. Et aujourd’hui, j’ai encore du mal à y croire, mais je m’apprête à assister à la plus grande des transformations de mon amie : l’observer devenir maman.
Notre relation a dû muter pour s’adapter aux contraintes du décalage horaire, aux 17 000 km qui nous séparent, et j’ai confiance qu’elle saura encore se transformer pour accompagner le bouleversement qui s’apprête à chambouler la vie de mon amie. Ça ne nous fait pas peur, nous nous sommes réinventées et nous le ferons encore et encore. D’ailleurs, pour vous donner une idée de l’ingéniosité, de l’inventivité et de l’imagination dont Céline regorge, représentez-vous ceci : malgré la distance spatiale et temporelle, elle a trouvé le moyen de m’offrir un soutien sans pareil lors de mon premier marathon à Sydney. Elle m’avait concocté une playlist de messages vocaux d’encouragement à écouter à des kilomètres bien précis. Elle n’était pas physiquement à mes côtés, mais elle était tellement vivante dans mes oreilles. (Et puis, il faut dire que, comme un clin d’œil de la vie, son frère vit aussi à Sydney… Alors l’Australie, ça la connaît…).
Ce petit billet pour vous introduire ce troisième podcast enregistré avec mon amie Céline est un très mauvais résumé de ce que vous vous apprêtez à écouter. Tout simplement parce que le contenu n’a absolument rien à voir avec ce que je viens d’évoquer. Mais l’intimité et la préciosité de notre relation faisaient que cette introduction ne pouvait être autrement. J’ai envie de croire tout de même que, derrière cette mise en bouche, votre curiosité est maintenant en éveil et vous convaincra d’appuyer sur play pour enfin découvrir quelle personnalité se cache derrière mes mots.
Je poursuis dans ce troisième épisode le fil rouge de mon étude de la créativité, et vous verrez qu’avec Céline, vous n’êtes pas au bout de vos surprises. La relation qu’elle entretient avec sa propre créativité est tout à fait singulière, rare, unique. C’est un plat qu’elle concocte dans sa marmite. Elle en fait une affaire de vie ou de mort. Elle nous apporte un autre angle sur l’état d’urgence qu’il y a à laisser s’exprimer la pulsion créative, tant pour son effet thérapeutique que pour son pouvoir universel de sublimation.
Bonne écoute !
Retrouvez Céline la photographe sur: son site internet, instagram
Et Céline, la bricoleuse/peintre/artiste/décoratrice et plus encore par ici.












