C’est drôle, depuis quelque temps, je vois se jouer sur la scène du monde un enchaînement de synchronicités… Mes retrouvailles avec Alexia en sont un exemple.
Cette année 2024 fut témoin d’une belle réunion avec mon amie d’enfance. C’est lors d’un voyage seule aux Etats-Unis que je me suis offert il y quelques mois que la vie m’a intuitivement conduit à reprendre contact avec mon amie. Je prévoyais de passer quelques jours à New York or, sur le long tracé qui relie Sydney à la ville qui ne dort jamais se trouve… San Francisco. Ville d’adoption pour Alexia depuis quelques années déjà. C’est donc sous la lumière toute particulière de l’automne californien que nos retrouvailles ont lieu.
Alexia m’accueille à bras ouverts – ou plutôt, à cœur grand ouvert – dans son appartement californien. C’est avec elle que je fête mes 29 ans. Ce que je découvre à ce moment-là, est au delà de ce que j’aurais pu imaginer… Tous les sujets y passent : l’amour, la relation au travail, nos angoisses, nos démons, le féminisme, le rapport au corps, la société, nos questionnements sur la parentalité, pour me mener à cette conclusion: nous avons évolué dans la même direction.
C’est en écrivant ce billet, en tentant de décrire notre amitié que je me rends véritablement compte de son caractère exceptionnel. Comme souvent finalement, c’est à travers l’écriture que je fais sens de ma vie. Nous n’avons jamais été dans la même école, jamais vécu dans la même rue, ni dans la même ville. Nous n’avons jamais partagé le quotidien l’une de l’autre en grandissant, mais nous étions ensemble pendant des moments uniques d’une liberté intense dans la vie d’un enfant: les vacances scolaires. Ces moments où nos créativités se rencontraient et pouvaient s’exprimer pleinement.
En y réfléchissant, le temps que nous avons passé ensemble a toujours été du temps de qualité. Nous nous retrouvions dans des instants de relâchement, d’évasion. Ce que nous partagions, c’était le pur jus, l’élixir. C’était l’enfance, la vraie. Nous étions libres d’exister, loin des étiquettes et des réputations des cours de récré, affranchies des examens, des devoirs et des DM de maths…
Avec le recul, je me rends compte à quel point ces moments étaient précieux, d’une rare intensité, et combien le degré de présence que nous nous témoignions mutuellement était sans pareil.
D’innombrables après-midis passés à nous glisser dans la peau de personnages imaginaires, à nous inventer mille et une vies.
En grandissant, nous avons délaissé les jeux de rôle… Et c’est alors que j’ai vu Alexia toucher pour la première fois à ce qui allait devenir son médium créatif favori.
C’était une après-midi de fin d’été, quand l’air normand se rafraîchit bien trop tôt et que la parenthèse des vacances touche à sa fin. À quelques jours d’être assommées par nos angoisses scolaires, elle m’a proposé un dernier moment d’évasion le long de la côte normande…
28 aout 2011, plage de Querqueville - par Alexia Lucas
Échanger aujourd’hui à travers cet épisode sur la créativité, c’est finalement décrire notre amitié. Une évidence. C’est parler de ce que nous savons le mieux faire ensemble. Ou du moins, se remémorer, se rappeler que nous sommes tous créateurs, et que l’un des moyens d’accéder à ce pouvoir est de faire ressurgir l’insouciance propre à l’enfance.
Alexia a un appétit d’exister, un goût pour les choses bien faites, une générosité sans fin. Je suis si heureuse de pouvoir vous offrir un petit bout d’elle pendant les 40 prochaines minutes.
Pour vous délecter du monde à travers les yeux d’Alexia suivez-la sur son compte Instagram.













